article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 24/10/00

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La poule de Colin


 Vendredi soir, le presbytère protestant de Hoerdt a résonné au son des instruments traditionnels de Carmen Strauss et Sylvain Piron. Un plongeon musical dans le registre des chansons populaires traditionnelles du siècle dernier.
 C'est à un merveilleux retour dans le répertoire des chansons d'antan que le public était convié. Dans le cadre intimiste du presbytère protestant, seule une poignée de privilégiés ont été bercés par les chants et les notes, sans compromis à la modernité des deux musiciens, Carmen Strauss et Sylvain Piron.  Sur des instruments certes récents, mais inspirés du passé, les deux « amateurs » qui ne se produisent que trois fois l'an ensemble ont subjugué la trentaine de personnes du public.

Charme mélancolique

 La harpe celtique et la flûte de bambou dont le bois japonais a séché presque 100 ans se sont unis aux accordéons diatoniques et à la cornemuse pour un mariage musical des plus appréciés. « Ce sont des musiques traditionnelles et des chansons qui viennent de toute le France, mais encore de Russie, de Louisiane et du Québec, a commenté Sylvain Piron. D'ailleurs, il est curieux de constater que nous avons retrouvé les mêmes textes en France et au Québec, mais avec des musiques différentes ! ». Sans doute quelques marins ou émigrés français auront-ils emporté sur les voiliers de naguère un peu de culture de leurs terroirs.  C'était précisément à ce genre de voyage que le public était convié, vendredi, avec des chansons comme la « Poule de Colin » issue de Bretagne, ou « Brave marin » au charme mélancolique des époques révolues. Il n'aurait manqué qu'un cri de mouette pour se croire au port de Brest au siècle passé.


Hervé Keller